Ituri: « Que font les FARDC ? »…, ces interrogations et propositions de Reagen Kambale face à la barbarie des ADF

La province de l’Ituri, et plus particulièrement le territoire de Mambasa, est de nouveau le théâtre d’attaques sanglantes perpétrées par les Forces Démocratiques Alliées (ADF). Des pertes en vies humaines ont été enregistrées à Biakato et Makumo, suscitant l’indignation et l’appel à une réaction forte de la part de l’acteur politique Reagen Kambale.

Au cours d’une interview avec maendeleobunia.org , il a exprimé son profond regret face à la situation, soulignant le manque de réactivité des forces de sécurité malgré les alertes de la population.

« Nous regrettons amèrement les pertes de vies humaines qui ont été enregistrées à Biakato et puis à Makumo. Et nous regrettons le fait qu’on aurait pu éviter le carnage qui a été à Makumo parce que c’était après plusieurs alertes de la population. »

Reagen Kambale a également pointé du doigt l’inaction de l’armée face à la déambulation des ADF dans les villages, remettant en question le rôle de l’État dans la protection de ses citoyens.

« Et nous regrettons le fait que l’armée n’ait pas pris en compte les alertes qui ont été placées par la population. Et voilà encore, on a vécu un autre carnage à Makumo après celui de Biakato. »

Face à cette situation, l’acteur politique a formulé des recommandations claires à l’intention des forces de défense et de sécurité.

« En fait, les forces de défense et de sécurité qui sont dans la zone doivent comprendre que la sécurisation de la population et de leurs biens, c’est ça leur mission primordiale. »

Il a insisté sur la nécessité pour les services de sécurité d’être proactifs et de prévenir les dégâts plutôt que de se contenter de répliquer.

« Ils doivent être promptes et ils doivent être en fait très promptifs pour répondre aux alertes de la population, mais aussi nos services de sécurité et de défense doivent savoir prévenir. On ne sera toujours pas là pour répliquer, il faut toujours anticiper et prévenir d’autres dégâts. »

Concernant les opérations conjointes entre les FARDC et l’UPDF (Uganda People’s Defence Force), l’acteur politique a exprimé des doutes quant à leur efficacité, suggérant que l’objectif de l’UPDF serait de chasser les ADF loin de la frontière ougandaise, laissant la RDC faire face aux conséquences en profondeur.

« Nous l’avions d’ailleurs dit dans nos récentes déclarations que pour les UPDF, chasser les ADF loin de la frontière ugando-congolaise, c’est leur objectif. Ils auront gagné les paris, mais la RDC a peur parce que même à profondeur, les ADF continuent à tuer la population, les ADF continuent à brûler des maisons, les ADF continuent à porter la population. »

L’impact économique de cette guerre a également été souligné, avec des pertes énormes pour les opérateurs économiques, les agriculteurs et les éleveurs. L’appel est lancé pour que la zone soit considérée comme sinistrée et que des allégements fiscaux soient accordés.

« En fait, cette zone doit être considérée comme une zone sinistrée et que les commerçants doivent bénéficier des allégements fiscaux au regard de la situation qu’en dit la population de cette partie-là. »

Enfin, un message d’espoir et de mobilisation a été adressé à la population, en particulier à la jeunesse, pour un éveil patriotique et une organisation en vue de stopper l’hémorragie.

« Oui, nous avons toujours appelé notre population, surtout la jeunesse, à un éveil patriotique, parce qu’au regard des événements, au regard des faits, en tout cas, il y a lié que la jeunesse se réveille aujourd’hui et s’en prend à charge. »

Cet acteur politique a conclu par un message de résilience, rappelant que « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finit par apparaître », et a encouragé la population à ne pas perdre espoir et à s’organiser pour faire face à l’ennemi.

Rédaction

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