Ituri : Le président du Kyaghanda Yira dénonce un « génocide » à Mambasa et exige un nouveau commandement militaire
Face à l’escalade de la violence en territoire de Mambasa (Ituri), le Chef de Travaux Mufalme Muhindo Muke, président de la communauté Yira à Bunia, a brisé le silence. Dans une déclaration percutante, il interpelle les autorités congolaises sur ce qu’il qualifie de véritable « génocide » perpétré par les rebelles ADF, dénonçant au passage une inertie coupable des instances dirigeantes.
Le constat dressé par Mufalme Muhindo Muke est sans appel. Les civils, piliers économiques et sociaux de la région, subissent un calvaire quotidien marqué par des massacres systématiques : Tueries de masse et égorgement, prises d’otages assorties de demandes de rançons exorbitantes, variant entre 8 000 $ et 15 000 $, des destructions matérielles : Incendies volontaires d’habitations.
« Ce sont des êtres humains créés à l’image de Dieu qui meurent comme des mouches. C’est un génocide qui se vit dans ce territoire », a martelé le leader communautaire.
L’avancée inquiétante des rebelles
L’inquiétude grandit également face à la progression territoriale des assaillants. Alors qu’ils étaient localisés à 25 km de Mambasa il y a peu, les rebelles se situent désormais à 40 kilomètres de Bandegaido. Cette expansion géographique pose une question cruciale : quelle est la stratégie réelle des forces de sécurité face à cette avancée ?
Mufalme Muhindo Muke ne mâche pas ses mots à l’égard de la hiérarchie militaire locale. Il pointe du doigt plusieurs dysfonctionnements majeurs. Il appelle ouvertement au remplacement du commandant des opérations à Mambasa, s’interrogeant même sur une éventuelle complicité avec l’ennemi.
Il fustige le sort réservé aux otages ayant réussi à s’échapper, qui, au lieu de recevoir un soutien psychologique et sécuritaire, se retrouvent parfois derrière les barreaux.Tout en réaffirmant que les FARDC restent le seul rempart légitime, il exige qu’elles remplissent leur mission régalienne : la protection des citoyens et de leurs biens.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat particulièrement meurtrier. Pas plus tard que ce jeudi 2 avril, une nouvelle incursion des terroristes ADF à Bafwakowa (chefferie des Bandaka) a coûté la vie à 43 civils, illustrant l’urgence absolue d’un changement de stratégie dans la zone.



Laisser un commentaire